Visa pour l’Image 2026
Notre sélection, notre regard au-delà des conflits
Ce matin, Au palais des congrès de Perpignan a eu lieu, la présentation de la 38e édition du festival international du photojournalisme, c’est le coup d’envoi d’un rendez-vous que les Perpignanais comme les passionnés d’image attendent chaque année avec impatience.
Ce fut une présentation marquée par l’absence de Jean-François Leroy, directeur fondateur de Visa pour l’Image, qui n’a malheureusement pas pu participer à cette conférence de presse. Une absence ressentie par l’ensemble des personnes présentes tant sa personnalité est intimement liée à l’histoire du festival. Mais chacun sait également combien il continue de suivre de près son organisation et de veiller à ce que cette 38e édition demeure fidèle à l’esprit qui fait le succès de Visa depuis bientôt quarante ans.
Cette année encore, les expositions investiront les lieux emblématiques du centre historique de Perpignan : Casa Xanxo, le Couvent des Minimes, l’Église des Dominicains, l’Hôtel Pams, la Caserne Gallieni, l’Ancienne Université, la Chapelle du Tiers-Ordre, la Maison de la Catalanité et la Chambre de Commerce et d’Industrie.
Une nouveauté vient enrichir ce parcours déjà exceptionnel : la Loge de Mer rejoint officiellement les sites d’exposition du festival. Un lieu prestigieux qui accueillera pour cette première participation une exposition consacrée aux 200 ans du journal Le Figaro, intitulée La culture de la liberté depuis 1826. Une exposition invitée qui retracera l’histoire du plus ancien journal français encore en activité
Présent lors de cette conférence de presse, Nous avons pu découvrir en détail la programmation de cette nouvelle édition.
Comme nos lecteurs le savent, notre rédaction ne couvre ni les expositions consacrées aux conflits armés ni celles traitant directement de l’actualité politique. Notre choix est résolument orienté vers les reportages humains, environnementaux, sociétaux et culturels. Des sujets qui racontent eux aussi le monde, les femmes et les hommes qui l’habitent.
Nous avons ainsi choisi de suivre tout particulièrement plusieurs expositions.
Au Couvent des Minimes, nous irons à la rencontre de Laurent Ballesta et de son fascinant univers sous-marin avec Loin du ciel, un voyage dans les profondeurs encore largement inconnues de notre planète. Nous suivrons également Jérémy Lempin qui, dans L’école de la vie : liberté, égalité, invisibilité, met en lumière une réalité souvent ignorée : l’illettrisme en France. Une exposition qui promet d’être particulièrement forte et humaine.
Autre rendez-vous attendu, celui de Gerd Ludwig avec Tchernobyl, 40 ans plus tard, un travail au long cours sur les conséquences d’une catastrophe qui continue encore aujourd’hui de marquer des générations.
Nous nous intéresserons également au parcours d’Étienne Montés, figure bien connue dans notre région, qui présente Quinze ans de photos et basta ! une rétrospective d’une carrière de photojournaliste intense avant son retour à la terre et à la vigne catalane.
Le regard porté sur les grandes mutations de la Chine par Michael Yamashita, l’univers singulier de Robin Tutenges avec Fano’s Kingdom ou encore l’enquête de Mads Nissen sur les conséquences humaines du trafic mondial de cocaïne feront également partie de nos reportages.
Autre sujet fort, celui présenté par Élise Blanchard avec Afghanistan : les filles vendues pour survivre aux sécheresses. Un reportage bouleversant qui témoigne des conséquences sociales et humaines de la crise climatique sur les populations les plus vulnérables.
Nous suivrons également Mads Nissen et son enquête Sangre Blanca : la géographie de la cocaïne, qui explore les conséquences humaines du trafic international de stupéfiants, ainsi que Robin Tutenges avecFano’s Kingdom, un travail au regard original et personnel.
Le voyage se poursuivra avec Michael Yamashita et son exposition L’Orient rencontre l’Occident : 40 ans de photographie en Chine, qui retrace quatre décennies de mutations économiques, sociales et culturelles dans l’une des plus grandes puissances mondiales.
À l’Hôtel Pams, nous découvrirons L’Odeur de l’Inde de Paolo Roversi, véritable invitation au voyage.
Nous irons également à la Chapelle du Tiers-Ordre retrouver Hervé Lequeux et son travail consacré à l’exil des mineurs guinéens dans Boza Free, ainsi qu’à la Maison de la Catalanité où Gaël Turine présentera Brisés par le kush, reportage saisissant sur les ravages d’une drogue qui frappe une partie de la jeunesse africaine.
L’Église des Dominicains figurera également parmi les lieux que nous suivrons attentivement. Jérôme Gence y présentera Les mariages virtuels au Japon, un sujet original qui interroge les nouvelles formes de relations dans une société en pleine mutation.
Dans le même espace, David Guttenfelder exposera The People of Minneapolis vs. ICE pour The New York Times, un reportage qui s’intéresse aux conséquences humaines des politiques migratoires américaines et à leurs impacts sur les communautés locales
Au-delà des expositions, Visa pour l’Image reste aussi l’événement des grandes projections du Campo Santo. Gratuites et ouvertes à tous, elles permettent chaque soir de découvrir sur écran géant les reportages marquants de l’année
Elles constituent l’un des moments forts du festival et contribuent largement à son succès populaire.
Tout au long du festival, nous vous proposerons des reportages, des portraits de photographes, des visites commentées d’expositions ainsi que des rencontres avec celles et ceux qui font vivre ce rendez-vous unique.
Car derrière chaque image, il y a une histoire. Derrière chaque reportage, un regard. c’est précisément ce regard que nous souhaitons vous faire découvrir durant toute cette 38e édition de Visa pour l’Image.
Nous ne pouvons donc qu’encourager nos lecteurs à pousser les portes des différents lieux d’exposition, à assister aux projections du Campo Santo et à participer à cette grande fête de l’image qui, une fois encore, fera de Perpignan la capitale mondiale du photojournalisme.
Stéphane Hemard
Photojournaliste
Auteur/autrice
contact@xyloscope.org
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