Ida y Vuelta Perpignan a dansé
Il y a des soirées où l’on sent, dès les premiers pas dans la Grande Cour, que quelque chose va se passer. Hier à Ida y Vuelta, ce n’était pas “quelque chose” : c’était tout. La Casa Musicale, fidèle à sa réputation de machine à transformer les murs en amplis et le bitume en piste de danse, s’est une nouvelle fois muée en zone de fête totale, comme si Perpignan avait décidé de battre son propre record de bonne humeur.
Dès 18h30, la foule affluait, compacte, joyeuse, prête à en découdre avec une soirée placée sous le signe de la rumba catalane et gitane, célébrée cette année comme un véritable patrimoine vivant pour les 30 ans de la Casa . Et quelle célébration ! Les guitares claquaient, les palmas répondaient, les voix montaient comme des fusées. On aurait dit que tout le quartier Saint‑Jacques chantait en chœur.
Sur scène, les Rumberos Catalans, Tekameli, Tato Garcia, Rumba Coumo et Los Graciosos ont déroulé un récit musical vibrant, hommage à une culture qui traverse les générations sans jamais perdre son panache . À chaque morceau, la foule ondulait comme une seule personne : un immense organisme festif, parfaitement synchronisé, empli de bonheur.
Pendant ce temps, la scène Plaza vibrait avec Trip for Leon, Les Madeleines et Los Raskaï, qui ont apporté leurs couleurs : trip-hop atmosphérique, chansons voyageuses, reggae vitaminé, le tout servi avec une énergie qui aurait réveillé un volcan endormi . Sur la Rambla, Mayanga, Toera et Tiwiza ajoutaient une couche supplémentaire de groove, de rap, de rock berbère et de pulsations chaudes. Bref : si quelqu’un cherchait un endroit calme, il s’était clairement trompé d’adresse.
Mais Ida y Vuelta, ce n’est pas seulement des concerts : c’est un état d’esprit. On y croise des familles entières, des danseurs improvisés, des habitués qui connaissent chaque recoin de la Casa, des curieux happés par la musique, et même quelques sceptiques qui finissent, eux aussi, par taper dans les mains. On partage des sourires, des pas de danse, des verres, des histoires. On se retrouve, on se reconnaît, on s’adopte.
Hier, la Casa a prouvé une fois de plus qu’elle n’est pas seulement un lieu culturel : c’est un cœur battant, un refuge, un carrefour où les cultures se mélangent sans jamais se diluer. Et pour ses 30 ans, elle a offert une soirée qui restera dans les mémoires : généreuse, explosive, profondément humaine.
En quittant les lieux, tard dans la nuit, on entendait encore les guitares résonner dans les ruelles. Comme un rappel : à Ida y Vuelta, la fête ne s’arrête jamais vraiment.
Elle fait juste une pause… jusqu’à ce soir.
Organisme de presse : Xyloscope
Auteur/autrice
contact@xyloscope.org
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