photographie documentaire

« El Salvador : Así es la vida en el CECOT »

L’ancienne université de Perpignan c’est transformée pour Visa pour l’image en sanctuaire du photojournalisme avec une exposition qui fait frissonner les visiteurs. Elle ne montre un système carcéral radical qu’il semble tout droit sorti d’un roman dystopique.

Le photographe Juan Carlos, originaire d’Amérique centrale, y présente son reportage choc dans l’enfer carcéral du Salvador.

CECOT, acronyme de Centro de Confinamiento del Terrorismo, est la méga prison pour enfermer les membres de gangs salvadoriens.

Juan Carlos y a obtenu un accès rarissime, et ce qu’il en rapporte est glaçant : des milliers d’hommes entassés, têtes rasées, torses nus, les bras croisés derrière le dos, dans une discipline militaire qui confine à l’effacement de l’individu.

Ses clichés, révèlent une esthétique brutale : béton, barbelés, regards vides. Mais derrière la forme, c’est le fond qui interpelle.

Juan Carlos ne photographie pas seulement des détenus, il documente une politique qui a conduit à l’incarcération de près de 2 % de la population adulte du pays. Une statistique vertigineuse, qui soulève des questions sur les libertés fondamentales et les dérives autoritaires.

Lors d’une table ronde organisée en marge de l’exposition, Juan Carlos a confié :

« Je ne suis pas venu juger, mais montrer. Ce que j’ai vu au CECOT, c’est une société qui a choisi la peur comme boussole. »

Son travail, salué par les organisateurs du festival, s’inscrit dans la tradition du photojournalisme engagé. Il ne cherche pas à choquer gratuitement, mais à réveiller les consciences.

Dans cette 37e édition du festival, où l’on croise les drames de Gaza, les feux de Californie ou les migrations climatiques en Indonésie, l’exposition de Juan Carlos rappelle que la violence peut aussi être institutionnelle, codifiée, légalisée. Et que le rôle du photojournaliste est, plus que jamais, de ne pas détourner le regard.

Organismes de presse : Xyloscope

photojournaliste : Stéphane Hemard 

Entrée monumentale de l’ancienne université de Perpignan, bâtiment historique aux façades classiques, avec grille en fer forgé et drapeaux du festival Visa pour l’Image.
Visiteur observant des panneaux suspendus présentant le travail de Juan Carlos, photographe salvadorien, dans une salle d’exposition à colonnes jaunes et sol carrelé.
Trois visiteurs contemplent des photographies suspendues dans une salle lumineuse à colonnes et arches.
Des gardiens en uniforme font face à des détenus derrière les barreaux dans une prison du Salvador.
Une personne observe trois photographies suspendues dans la salle d’exposition éclairée.
photographie documentaire
Visiteurs observant des photographies suspendues dans une salle d’exposition à colonnes jaunes, lors de l’exposition de Juan Carlos à Visa pour l’Image 2025.
Un homme observe des photographies suspendues dans une salle d’exposition à colonnes jaunes, lors de l’exposition de Juan Carlos sur les prisons du Salvador.
Trois photographies montrant des scènes de détention au Salvador, exposées dans une salle à colonnes jaunes lors de Visa pour l’Image 2025.

Auteur/autrice

contact@xyloscope.org

Fondée en 2012, l'association XYLOSCOPE œuvre à la promotion de la culture locale à travers l'image, l'audiovisuel et l'imagerie aérienne. Elle organise des formations, accompagne des événements culturels et valorise les talents du territoire grâce à l'expérience de professionnels passionnés.

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