Le 7 avril, dans l’Arsenal de la Casa Musicale, au cœur de l’Institut Jean Vigo, Les visages familiers des festivals du département se retrouvaient autour d’une même table, non pas pour annoncer une programmation ou dévoiler une affiche, mais pour présenter un projet commun, mûri pendant plus d’un an : le collectif ÉCHO(S).
Dans l’atmosphère chaleureuse du lieu, entre les murs chargés d’histoire du cinéma et les sourires complices des organisateurs, une évidence se dessinait : quelque chose d’important était en train de naître. Un mouvement. Une alliance. Une nouvelle manière de penser la culture.
ÉCHO(S) rassemble aujourd’hui un ensemble de festivals emblématiques du territoire : L’Autre Festival, Confrontation – Institut Jean Vigo, Zah-Zuh, Ida y Vuelta, Festival Pablo Casals, Festival 543, Courts Circuit 66, Visa pour l’Image, Jazzèbre, Festival R‑Cas, FFF – Frontière Film Festival.
Des univers différents, des esthétiques variées, des publics multiples… mais un même constat : l’urgence écologique impose de repenser nos manières de créer, d’accueillir, de produire et de célébrer la culture.
Entre 2023 et 2024, à l’initiative de la Ligue de l’enseignement des Pyrénées‑Orientales, ces structures ont participé à un cycle d’accompagnement mené avec l’association Elémen’terre, référence nationale en matière d’événements écoresponsables. Trois journées collectives, une demi‑journée individuelle, des échanges nourris, des constats parfois rudes, mais surtout une prise de conscience commune : ensemble, nous pouvons aller plus loin.
Durant ces sessions, les organisateurs de festivals ont travaillé sur :
les émissions carbone liées aux événements,
l’empreinte environnementale des installations,
les impacts du transport, de l’énergie, de l’eau, de la restauration,
la nécessité d’un autodiagnostic précis,
la construction d’un plan d’action écoresponsable,
la mise en place d’outils de mesure d’impact.
Mais au-delà des chiffres, un autre phénomène est apparu : les festivals ont découvert la proximité de leurs valeurs, la complémentarité de leurs pratiques, et même la continuité calendaire de leurs événements, qui s’étendent d’avril à octobre. Une configuration idéale pour imaginer une gestion concertée, une mutualisation des ressources, et une solidarité opérationnelle.
La présentation du 7 avril dévoilait également la Charte ÉCHO(S), véritable colonne vertébrale du collectif. Elle repose sur des engagements concrets, ambitieux, mais réalistes, adaptés aux réalités du terrain.
Les grands axes de la charte :
Structurer sa démarche : planifier, mesurer, améliorer en continu.
Respecter le site d’accueil : préserver les espaces naturels, urbains ou patrimoniaux.
Favoriser l’écomobilité : encourager les transports doux pour les équipes, les artistes et le public.
Limiter la consommation de ressources : sobriété énergétique, gestion responsable de l’eau.
Manger durable : proposer une alimentation locale, de saison, biologique ou raisonnée.
Tendre vers le zéro déchet : réduire, réemployer, recycler, valoriser.
Accueillir tous les publics : accessibilité, inclusion, lutte contre les discriminations.
Embarquer les festivaliers : sensibiliser, transmettre, impliquer dans la transition écologique.
Veiller au numérique responsable : réduire l’empreinte des outils et services numériques.
Chacun des membres, ayant. signé cette charte, s’est engagé à la respecter et à la faire vivre dans ses pratiques quotidiennes.
Ce qui réunit les structures qui composent aujourd’hui le collectif, c’est:
le partage d’expériences pour enrichir les pratiques,
la volonté de réunir les forces pour consolider l’impact collectif,
la mutualisation des moyens d’action pour optimiser les ressources,
la conviction que la culture peut être un moteur de transition écologique.
ÉCHO(S) n’est pas un label, ni une injonction. C’est un espace de travail, un lieu de réflexion, un laboratoire d’idées, un réseau d’entraide qui s’est réuni en association.
Les membres du collectif s’engagent à :
participer à des rencontres régulières,
suivre l’évolution des engagements,
développer des actions mesurables en faveur de l’écologie,
collaborer avec les acteurs du territoire,
amplifier l’impact des initiatives existantes,
accompagner les équipes et les publics dans la transition.
L’objectif n’est pas de créer un modèle unique, mais de faire émerger une dynamique commune, adaptable à chaque festival.
Lors de la présentation, les échanges étaient à la fois sérieux et chaleureux. Les organisateurs parlaient avec passion de leurs contraintes, de leurs réussites, de leurs doutes aussi. Les regards se croisaient, les sourires s’échangeaient, les idées fusaient.
Avec ce collectif, les Pyrénées‑Orientales envoient un message clair : la culture peut être un moteur de transformation écologique, les festivals peuvent être exemplaires, le territoire peut devenir un laboratoire d’innovation durable.
ÉCHO(S) n’est pas seulement un regroupement d’événements.
C’est une vision.
Une promesse.
Un engagement partagé pour imaginer et construire les festivals de demain.
Stéphane Hemard photo-journaliste
Organisme de presse : Xyloscope
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